Mercredi 27 août 2008
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Bande-annonce :
France, début des années 70.
Lucie, une petite fille de dix ans, disparue quelques mois plus tôt, est retrouvée errant sur la route. Son corps maltraité ne porte aucune trace d'agression sexuelle. Les raisons de son enlèvement restent mystérieuses.
Traumatisée, mutique, elle est placée dans un hôpital où elle se lie d'amitié avec Anna, une fille de son âge.
15 ans plus tard.
On sonne à la porte d'une famille ordinaire. Le père ouvre et se retrouve face à Lucie, armée d'un fusil de chasse. Persuadée d'avoir retrouvé ses bourreaux, elle tire.
Intrigué par la polémique (le film est passé 3 fois devant le comité pour finalement n'être interdit "qu'aux" moins de 16 ans, après 2 classifcations en -18 !) et poussé par mon pote vance, je me suis rendu ce soir à l'avant-première du film au Comoedia.
Bon, autant vous le dire tout de suite, j'ai pris une grosse claque dans la gueule !
Je suis malheureux de ne pouvoir en dire trop sans déflorer le scénario mais le film, en 2 parties bien distinctes (j'y reviens) m'a clairement secoué.
Par sa violence physique et crue de la 1ère partie d'abord.
Le massacre initial est en ce sens totalement jouissif et le réalisateur (répondant à une question de votre serviteur) a d'ailleurs confirmé le plaisir sadique qu'il avait pris à la mettre en scène...
Toute la première partie est nourrie, noyée de cette violence froide, implacable, parfois à la limite du soutenable.
Le film donne ensuite à un moment l'impression de basculer dans le fantastique.
Mais non.
Laugier l'a avoué, son but n'était surtout pas de faire un film de fans par un fan, non, il a tout le long de l'écriture cherché comment (ce sont ses mots) "nous niquer" !
Et ça a marché !
Par une habile écriture et mise en scène, il nous ramène au réel, au concret, ce qui rend ce qu'on a vu et ce qu'on va voir plus horrible encore !
Ce film n'est pas pour moi un film d'horreur, mais un film sur l'horreur, celle-là même enfouie en chacun de nous, celle que nous inspirent les pires instincts de l'homme.
Vient alors la 2ème partie, et là c'est vrai j'ai eu plus de difficulté à accrocher.
La scène de la baignoire fait mal, émeut au plus profond de soi, mais ensuite le film bascule.
C'est flagrant par le rythme qui change (à des plans cut et sans temps-mort succèdent des fondus, une langueur, presque une béatitude).
Et là un conseil pour vous, futurs spectateurs, abandonnez-vous, relâchez-vous (ces mots prendront tout leur sens au visionnage) et acceptez le fait que c'est un poil chiant, limite énervant (le réal a d'ailleurs admis que c'était totalement son intention, qu'on soit énervé contre lui, que ces scènes soient réellement psychologiquement et physiquement pénibles pour nous).
Je ne peux pas en dire plus sur cette 2ème partie, au risque d'en dire trop (surtout essayez d'en savoir le moins possible quand vous irez !) mais elle m'a un peu moins emballé.
Même si ensuite, les explications qu'a données le réal me font la voir sous un autre jour, et être plus conciliant et sensible au message (même si Laugier se défend d'avoir voulu faire un film à message) et à l'intérêt de ce changement de ton, de rythme...
Sachez enfin que j'ai longtemps pensé que plutôt que "Martyrs" le film aurait pu s'intituler "Traumatisées" avant de me résoudre à l'évidence, le titre colle parfaitement !
Une fois le fim achevé (à noter aussi un très original générique de début), le générique de fin a défilé et personne n'a pipé mot, tout le monde était sous le choc.
Puis nous ont rejoint Pascal Laugier et Morjana Alaoui (hallucinante de justesse dans le film) pour une bonne heure de questions réponses super intéressante.
Pascal a noté avec humour que quelques personnes avaient quitté la salle avant la fin, cela l'a semble t il rassuré sur son film. :)
Morjana semblait en retrait, timide peut être, mais Laugier s'est montré passionné, à la fois par son film, mais aussi par le cinéma en général.
Il a une analyse très critique envers les films d'horreur actuels, trop conventionnels à son goût, récupérés par Hollywood, et s'inquiète d'une mort future du genre tel qu'il l'a aimé et tel qu'il l'aime toujours (je ne peux pas lui donner tout à fait tort...).
Il assume totalement la violence de son film, l'horreur qu'il peut susciter, mais également la perte de repères que peut engendrer la transition dans son film entre les 2 parties dont je parlais.
Et, ce point est aussi primordial pour moi que pour lui, c'est aussi une histoire d'amour. Je n'en dis pas plus là non plus mais malgré cette violence, notamment dans la première partie, l'amour est visible, palpable.
Et le design sonore vous prend aux tripes, accrochez-vous, j'ai rarement été viscéralement atteint par une ambiance sonore, c'est souvent le cas ici.
Un film que je ne peux que vous conseiller ! Même plus, vous inciter à voir, limite vous forcer :)
Il est impossible qu'il vous laisse indifférent !
Par contre, bon courage pour trouver des salles le diffusant, malheureusement, pour le moment UGC a par exemple refusé de le projeter...
On dit bien qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, mais comme les gens d'UGC n'ont pas l'air bien finauds (on ne peut pas dire que Laugier les porte dans son coeur... et à juste titre), il va falloir sans doute vous tourner vers des salles moins conventionnelles...
A Lyon, il est bien entendu visible au Comoedia (un prochain article parlera de la rennaissance de ce cinéma qui a bercé mon enfance).
Bref, trouvez et foncez !
Et si vous voulez en savoir plus, laissez des questions en commentaires, j'y répondrais avec plaisir.
J'ai hâte de lire ton avis, vance !
A noter que le film est dédié à Dario Argento ;)
Le blog de broots
Le revoilà enfin ! 
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